A.M.L. Soins Intensifs

LA PSYCHANALYSE ET LES RÉANIMÉS

Les vêtir de paroles

 

 

 

La réanimation naissante a rencontré l'auteur, médecin, dès le début de sa pratique de l'hôpital, puis ils ne se sont guère quittés. Même la retraite ne les a pas tenus longtemps séparés, puisqu'elle l'a bientôt rattrapé dans l'expérience personnelle de la maladie. Cet ouvrage offre une lecture ciselée au scalpel du monde de la maladie et de l'hôpital, tant du point de vue du malade que de celui du médecin.

 

 

« J’ai soif ! j’ai soif.

C’était mon cri au réveil d’un coma et je m’agitais un peu parce que personne ne me donnait à boire. Deux soignantes commençaient à m’attacher et je n’étais pas d’accord. Bref, ça commençait à mal tourner.

Arrive un grand black d’un calme olympien : 

On vous donnera à boire, mais pas tout de suite. On vous perfuse déjà un litre et demi par jour et il n’en faut point trop. Si vous comprenez ça, il ne sera pas nécessaire de vous attacher.

Je lui ai répondu que ses paroles étaient parfaitement limpides - et puis c’était fini, la situation était dénouée et les liens inutiles.

Je n’avais même plus soif d’eau puisqu’on m’avait parlé. » 

 

 

 

JOUISSANCES Du sein au meurtre

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L’auteur s’intéresse à deux institutions, les camps nazis et les salles de réanimation, et aux gens qui y souffrent et qui y meurent. Pour les camps, sa réflexion s’appuie sur la lecture de plusieurs écrivains dont il a visité l’œuvre.
 
Zalmen Gradowski, sonderkommando à Auschwitz, dans Au coeur de l’enfer, crie vers nous douleur et vengeance. Les Allemands ont été écrasés par le nazisme jusqu’au creux de leurs nuits,
 
Charlotte Beradt a recueilli leurs rêves pour en témoigner.
 
 
Retenue contre son gré au camp de Ravensbrück, Germaine Tillion, ethnographe, en a réalisé une étude es qualité.
 
George Orwell, avec 1984, apporte la lumière de la fiction sur la destruction du langage et de l’humain.
 
Pour les salles de réanimation, l’auteur s’appuie sur son expérience. Neurologue en blouse blanche et analysant perpétuel, il a accompagné les réanimés au lieu même de leur souffrance. Les salles de réanimation sont faites pour redonner la vie et y parviennent avec brio, mais à quel prix ? Telle est la question à laquelle il tente de répondre.
 
Après avoir exploré, en compagnie de Freud, les répétitions tragiques qui peuvent nous asservir, il nous parle de nos fantasmes de meurtre et aborde le problème de l’euthanasie, cette éraflure que d’aucuns voudraient faire à l’interdit du meurtre. 

 

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J.Gazengel : VIVRE EN RÉANIMATION

 

 

 

L'auteur a réuni ici des écrits faits pour être dits. Il a préféré les laisser tels quels pour témoigner de façon plus prégnante de la violence de la réanimation où l'on meurt beaucoup et où l'on ressuscite parfois.

            La pensée de S. Freud et de J. Lacan a subverti peu  à peu sa pratique de neurologue, dit-il. Elle l'autorise à laisser courir ses associations d'idées d'une  clinique médicale très stricte jusqu'aux textes psychanalytiques et littéraires. Cette promenade nous permet de saisir la force des désirs inconscients mis en jeu chez les soignés et les soignants.

            De nombreux cas cliniques émaillent la réflexion de l'auteur : depuis les locked-in, ces emmurés vivants, jusqu'aux Münchaussen qui pervertissent l'usage de la médecine. Mais les jeunes traumatisés de la route constituent le noyau dur du livre : leurs corps nus et blessés, leurs comas, la longue régression sont il leur faut sortir... Leur mort est omniprésente et le deuil de ces jeunes vies brisées est source de fantasmes de meurtre et de réparation imaginaires. La violence qu'ils ont subie appelle en retour violence et transgression.

            L'auteur est "passeur de mots" auprès des malades, de leurs familles, des réanimateurs qui décident de leur sort et des infirmiers plus attentifs à leur identité et à leur affectivité. Ses mots peuvent aussi subvertir la vision qu'a le lecteur du monde de la réanimation. la vivacité du texte met en scène les désirs et les angoisses qui traversent cet univers tragique

 

            Joseph Gazengel, Docteur en Médecine, a exercé pendant vingt-huit ans comme neurologue dans les services de neurochirurgie et dans l'unité de réanimation neurochirugicale de la Salpêtrière. Son intérêt pour la souffrance psychique des malades hospitalisés et de leurs soignants s'est nourri de son activité de Psychanalyste dans un autre lieu.

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